Se sentir femme haut potentielle, laisser le passé, et partir à l’exploration de soi
Prendre de la hauteur sur la manière de parler des femmes hauts potentielles
Dans ce texte, si court par rapport à l’étendue du sujet, la femme HPI ou HPE existe, et n’existe pas, en même temps. Sa présence est une essence qui se situe au-delà de l’existence.
Et selon moi ce n’est qu’en accueillant ce paradoxe apparent (exister, et ne pas exister, mais au-delà) que notre réflexion sur le sujet de la femme HPI va respirer, et ouvrir des possibles.
On serait dans le mensonge en se prenant au sérieux en parlant de « la femme HP ». On serait dans l’ignorance du terrain en disant « tout cela n’existe pas » pour se donner un air de sérieux.
Avec humour, j’écrierais que je parle de la femme HPI quantique, qui est là, et pas là. Elle est présente à ce qui ouvre les possibles, absente à ce qui la limite.
Nous pourrions écrire que nous parlons des personnes désignées comme femmes par la société, ou si vous préférez, des personnes qui se sentent femmes, et aussi du féminin symbolique en chacun de nous. Une femme surdouée bien présente, considérée, et aux contours évanescents, qui s’échappe de l’Ego (L’Ego dans le sens : quand c’est le trauma qui agit, pas soi) qui veut circonscrire, délimiter.
Mais alors, dirait l’Ego, si je ne définis pas bien la femme, et le HP, nous nageons dans le flou ? (dans les étoiles…).
Je pose l’hypothèse que, dans l’étude d’un sujet, nous ciblons bien plus efficacement ce dont nous parlons quand personne ne peut être désigné avec certitude par ce dont nous parlons. Car cela signifie que nous ne sommes pas dans l’Ego (vouloir maîtriser, comprendre), mais dans l’exploration.
Il en est de même pour le haut potentiel intellectuel que je distingue du HQI : je cible d’autant mieux le haut potentiel dont je parle que celui-ci reste stratégiquement évanescent. J’ai beaucoup écrit là-dessus, y compris sur ce présent site. J’ai à cœur d’expliciter de quelle douance je parle, une douance qui respire, qui ouvre les possibles, qui donne envie d’explorer et de vivre.
Une douance qui n’oblige personne à croire quoi que ce soit, qui n’impose rien, mais libère.
Et je pose l’intention depuis le début de ma vie de coach professionnel, de superviseur, d’écrivain, de parler d’une femme surdouée qui respire enfin et qui ouvre des possibles.

Un sujet à aborder avec son féminin intérieur
Ainsi, je vous propose une lecture énergétique plutôt que la lecture analytique. Avec prudence, en nous comprenant bien, nous pourrions écrire « une lecture féminine » au sens jungien du terme.
Que chaque mot de cet article puisse être, dans votre esprit, une étoile qui va s’ajuster à la lumière des autres mots pour qu’émerge de l’ensemble quelque chose de vivant, d’aidant, pour que vous puissiez monter l’escalier vers vous-même avec une telle facilité que vous aurez l’impression de le descendre.
Ce qui est important, c’est le processus. C’est comment en tant que femme, ou homme, vous allez vous autoriser à lire ce texte. Avec vos croyances qui rassurent, les filtres protecteurs, les « oui mais », ou avec l’accueil et l’intuition pour créer à partir de ce texte vos propres méthodes, singulières, pour réussir.
Les défis des femmes HPI, HPE, THPI
Ces défis ne sont pas liés au fait d’être femme, ni au fait d’être concernée par une forme de haut potentiel, mais au regard que porte la société sur ces femmes parfois hors normes que sont les femmes HPI. Et, je l’écris à nouveau, je parle de moyennes (chacune reste différente), et à un niveau symbolique. Rappelons que les hommes ont au moins autant de défis de leadership, simplement des défis différents.
Pour synthétiser les défis des femmes HPI, nous pourrons partir du schéma suivant que nous allons détailler ensemble.

L’amour conditionné dû au contexte culturel
Quand vous arrivez au monde, souvent, les personnes qui vous entourent se sentent exister, survivre, en se conformant à une histoire, une pièce de théâtre. Chaque geste, même affectif, chaque mot, est fait pour dire « j’appartiens au groupe », et j’ai tel rôle, telle place. Si je ne joue pas ce récit, si je n’éduque pas mes enfants à jouer ce récit, je vais mourir, je vais être exclu·e.
Et l’amour qui vous est donné est alors un amour conditionné à votre capacité à apprendre à suivre les règles aléatoires d’un récit pour avoir tel rôle, telle place. Et les rares règles essentielles à la vie sont imposées avec un défaut de congruence, que l’enfant doué ne voit que trop bien.
L’enfant doué, qui a une intuition profonde des interdits à poser pour faire civilisation, lorsqu’il en a les capacités, va alors devoir se reparenter lui-même, prendre en charge son éducation et colmater les brèches de la famille, avec l’angoisse indicible, consciente ou inconsciente, que cela peut représenter. Angoisse indicible car, rappelons-le, en termes de maturité affective, c’est un enfant.
Cet enfant doué, sensible, qui a tant besoin d’organisation psychique, de structure, va devoir marcher sur des œufs, composer avec une affection insécurisante, défaillante, incomplète.
L’affection qui lui est donnée n’est là que pour jouer un récit fragile, aléatoire, dans un monde en tension, toujours à la limite de ne plus pouvoir gérer sa psychose.
C’est d’un amour inconditionnel et congruent dont vous auriez eu besoin, un amour qui comporte quelque chose d’universel. Un amour avec écoute, sincérité, entièreté, un amour avec la compréhension profonde de votre univers intérieur, et la validation de cet univers.
Est-ce que j’écris que les parents sont indignes ? Non. Ils font toujours au mieux, mais l’enfant hypersensible aurait eu besoin d’un autre type d’affection.
La magie est au fondement de la douance : vous avez en vous ce que vous n’avez pas reçu.
Cette solitude absolue, ce soutien qui n’a pu exister, n’est pas une fatalité, surtout pour la femme surdouée qui est si résiliente. La magie est au fondement de la douance : vous avez en vous ce que vous n’avez pas reçu. Ce soutien, vous pouvez le trouver à l’intérieur de vous, dans cet univers immense, et vous sentir en sécurité quoi qu’il arrive. C’est pour cela que la connexion à l’univers intérieur constitue le cœur du coaching spécialisé. Il n’y a pas de processus de réussite professionnel durable, sérieux, qui tient avec l’âge et les aléas de la vie, s’il n’y a pas alignement avec son univers intérieur singulier et spécifique.
En synthèse, qu’est-ce qui est là avant même l’arrivée de l’enfant sensible et doué ? Un terrain miné, au bord de la psychose, une surface psychique extérieure souffrante, avec des trous qui demandent à être colmatés. Et ce vécu peut avoir lieu même lorsque l’éducation a eu toute l’apparence d’être bienveillante et positive.
Cet extérieur qui n’a pas encore accueilli l’enfant surdoué demande un médecin. Quand cet enfant qui arrive a alors des allures de médecin, du fait de sa douance :
- cet extérieur va hurler sa demande d’être soigné
- et hurler sa colère et son refus d’être soigné.
Il y a alors une insécurité du type : je suis a peu près aimée (même si je dois encore prouver que je le mérite), mais ça peut s’arrêter à tout moment.
Alors toute sa vie, la femme surdouée risque de choisir des conjoints, des entreprises, des amies qui ont l’air ok en surface, mais qui vont induire dans la relation un je ne sais quoi de « je t’aime…peut être…si tu continues à faire ce qu’il faut même si je me garde bien de te dire clairement ce qu’il faut faire (on fait jamais trop)…et même avec cela, attends toi à ce que la colère puisse s’abattre à tout moment ».
Et elles sont si attirantes, ces personnes ou ces entreprises, qui vont rejouer avec vous ce que vous avez déjà vécu. C’est physique, le corps demande ce qu’il n’a que trop appris.
En tout cas, c’est ce que demande cette carapace, cette personnalité de façade construite pour déminer en permanence ce terrain aléatoire (même s’il n’existe plus), personnalité construite pour protéger de la psychose ambiante cette douance bien emmitouflée à l’intérieur.
Cette personnalité de façade, Winnicott l’a appelée le faux-self.

Le faux-self : la base des malentendus futurs avec la vie et la carrière
La douance est rejetée à l’intérieur de soi, clivée, et à la surface, c’est une machine qui s’adapte à l’extérieur.
Quand il s’agit d’un espace froid, d’un vide sidéral affectif, avec des boules de feu, des météores et des trous noirs qui peuvent surgir à tout instant, c’est une machine en pilotage automatique qui fait face à cela, pas une personne !
Autre métaphore : le chirurgien, pour réussir à soigner un corps en souffrance et en urgence vitale, clive son affection, il la met de côté, pour se concentrer. C’est un peu la même chose qui se passe lorsque la petite fille surdouée arrive dans une famille en souffrance. Sauf que le patient (père, mère, frères et soeurs parfois) n’est pas anesthésié, et va demander à être soigné, maintenant, tout de suite, alors que les blessures sont profondes, tout en refusant d’être soigné. Et vous n’avez pas les diplômes pour le faire, ni la maturité affective suffisante.
Beaucoup de femmes surdouées, après avoir eu des enfants alors que ce n’était pas leur chemin, après avoir choisi le conjoint qui n’était que répétition du trauma originel vécu, après avoir construit toute une vie de famille basée sur ce faux-self, culpabilisent, regrettent.
Pourtant, est-ce logique de regretter d’avoir fait ce que l’on pouvait, avec les connaissances et les ressources dont on disposait à l’époque, pour survivre ? Pour vous, c’était une question de survie.
Une grande machine, un peu rigide, pas créative mais efficace, gère ce terrain miné, inhibe la douleur, pour faire survivre cette petite fille surdouée qui reste à l’intérieur.
Il n’y a pas besoin de faire de la psychanalyse de comptoir pour expliquer l’enfance de la femme HPI, le regard logique issu des théories des systèmes vivants et de la systémique nous suffit : un organisme se dote d’une carapace adaptative et organise ses organes vitaux à l’intérieur lorsque le contexte est hostile. L’intelligence déteste l’entropie et va se créer elle-même une forme de stabilité pour survivre.
Sauf que la petite fille grandit, devient adulte, pleine de ressources : mais son inconscient n’a pas actualisé cette information.
Ce trop de faux-self devient inadapté : en voulant protéger, il met en danger car en ce monde complexe, c’est à la petite fille intérieure (la douance) de prendre les commandes d’un vaisseau spatial plus petit et plus flexible. Seul le vrai-self permet la créativité, la spontanéité, les décisions justes qui prennent en compte l’intuition, la clarification en temps réel, et assure l’émergence d’un processus de réussite professionnel durable.
Ce faux-self, dont le rôle est de dire à la douance « surtout, ne sors pas, restes inconsciente, ne parles pas » va utiliser toute votre intelligence pour justifier ce fameux sentiment d’illégitimité (même si un regard fin perçoit les failles logiques – métacognition).
Le sentiment d’illégitimité
Le paradoxe est que les femmes HPI vont parfois se sentir enfermées par tout ce qui risquerait de les libérer. Par exemple, s’orienter vers une détection HPI, vivre dans une ville qui ouvre des possibles professionnels, avoir des ambitions de carrière…
Depuis l’enfance, elles ont intériorisé un interdit fondamental : se rendre compte de la puissance de leur douance.
Ainsi, elles sont sommées de ressentir, inconsciemment ou consciemment, un sentiment d’illégitimité multidimensionnel :
- Mes besoins sont illégitimes. Surtout mon besoin de confort, de beauté, de magie.
- Le consentement ? Souvent je ne sais pas même ce que c’est vraiment, je n’existe que pour ne pas décevoir l’autre…
- Mes intuitions qui disent ces vérités que l’on ne saurait voir : pas le droit de les écouter ! Quand je ne sens pas une personne, je vais même parfois jusqu’à sur-compenser en l’idéalisant !
- Un problème dans la relation : c’est de ma faute !
- Une ambition : « mais pour qui te prends-tu ? » dit une voix intérieure (parfois la mère intériorisée)
- Une vie libre et multiple : n’en parlons pas, de quel droit !
- Le sens de la vie : il faut le trouver ! (sous-entendu : ma simple existence ne suffit pas à ce que je sois une personne suffisante)
…
Des femmes membres de Comex dans de grandes entreprises peuvent être concernées par ce sentiment d’illégitimité et d’imposture : quel que soit le niveau auquel on se trouve, on peut n’être connecté qu’au dixième de ses potentiels (potentiel de vivre vraiment, d’aimer vraiment, qui va avec le fait d’avoir une vraie carrière pour soi, un vrai impact).

Le sentiment d’imposture
Comme nous l’écrivons dans Tous HPI ? Comprendre et libérer les potentiels (AFNOR Éditions, 2023), malgré toutes les injonctions reçues, même si vos ailes ne sont utilisées qu’à 10 %, comme elles contiennent de l’intuition, elles vous emmènent quand même parfois très haut.
Vous mériteriez d’être dans l’espace, vous êtes tout de même au-dessus des nuages. Et comme vos ailes, vous ne les voyez pas, vous ressentez cette impression que vous pourriez tomber à tout moment. Alors que vous devriez être trois niveaux de poste au-dessus, vous pensez être trop haut, et vous vous dites « un jour ils se rendront compte que je suis incompétente ».
L’intuition est une compétence réelle qui donne des résultats sans que l’on puisse expliciter comment. D’où ce sentiment de vertige.
Au fond, vous le savez, mais vous avez appris qu’il ne fallait pas prendre conscience de l’intelligence de votre intuition. L’insécurité affective apprise dès l’enfance se retrouve dans l’insécurité affective vis-à-vis de vos ailes. Quand vous tombez, vous vous faites croire que vos ailes vous quittent. En réalité, vous utilisez toute la puissance de vos ailes pour voler vers le bas (auto-sabotage inconscient). Ce qui demande beaucoup plus d’effort que de laisser le vent vous porter vers le haut.
Encore une fois : pas de culpabilisation, on fait toujours ce qui est juste pour nous à un moment donné. Il s’agit simplement d’expliquer.
Conséquence : une posture « en demande de validation »
Dans le contexte professionnel, ce sentiment d’illégitimité s’exprime souvent ainsi :
- Ne pas oser clarifier les choses dès le départ (exemple : prise de poste)
- Ne pas oser dire NON
- Ne dire quelque chose que lorsque l’on est absolument certaine d’être dans le vrai
- La posture de sauveur au travail et dans la vie
- Ne pas être en conscience de l’ensemble de ses compétences professionnelles ou les diminuer
Sans que cela ne coïncide complètement, nous pourrions rapprocher cette posture du « syndrome de la bonne élève » ou de l’Enfant Soumis (parfois faussement rebelle) avec le regard de l’Analyse Transactionnelle.
De nombreuses études montrent que les femmes osent moins demander une promotion, une augmentation, prendre la parole en réunion, pour des raisons d’éducation. Ce peut être encore plus le cas, parfois, lorsqu’une pensée atypique vient s’ajouter au fait d’être femme.
Insistons encore sur le fait que nous parlons de moyennes : parfois un homme HPI va avoir ce problème et pas une femme, car malgré les injonctions sociétales, les histoires de vies et les éducations sont différentes.
Les schémas relationnels négatifs
Que ce soit avec un nouveau conjoint ou une nouvelle entreprise, parfois, la femme haut potentiel ne comprend pas pourquoi il y a toujours toxicité et rupture à un moment donné, alors que tout semblait bien se passer au départ (au fond, elle a tout vu, intuitivement, mais c’est à la lisière de la conscience).
Elles croient avoir un problème, alors que leur vrai problème est de trop faire attention à ce que tout se passe bien sans exiger assez de l’autre !
Dans le contexte de l’entreprise, la personne HPI prend typiquement un poste en dessous de ses potentiels. Au nom parfois des plus beaux arguments, elle n’est pas rémunérée à la hauteur de ce qu’apporte son énergie, et ses responsabilités ne sont pas à la hauteur ou ne pourront s’officialiser tout de suite…
Ainsi, tout commence par un déséquilibre. Même si à la surface tout le monde s’entend super bien, dans les faits on démarre avec une sauveuse et un persécuteur.
Puis… le N+1 qui se met à ne plus vous parler du jour au lendemain, mensonges incompréhensibles, harcèlement, rétrogradation… Tout cela n’est que la matérialisation de ce déséquilibre qui était là dès le départ.
Halte à la culpabilisation : ce n’est pas votre faute, dans l’éducation on ne nous apprend pas que sauver c’est aussi persécuter (au niveau psychologique), que la posture en demande de validation est une posture en demande d’invalidation…
Cependant l’univers vous envoie un message clair : vous n’avez rien à faire dans ce type d’entreprise, voire dans ce type de famille, de relations amicales, de culture.
Et l’univers vous le dira et le redira jusqu’à ce que vous vous autorisiez à le comprendre, y compris en passant par le corps.
Pour certains hommes comme pour les femmes, ce qui fait sens pour moi dans mon activité, en tant que coach ou formateur, est d’accompagner cette décision — prise avec tant de doute, d’hésitation — de, là maintenant, s’autoriser à exister enfin.
Ces dynamiques sont explorées plus en profondeur dans deux autres articles : HPI et emprise narcissique, qui éclaire les mécanismes relationnels en jeu, et S’émanciper des schémas professionnels négatifs, qui aborde spécifiquement la dimension carrière.
Quelques injonctions faites aux femmes HPI
Parmi de nombreuses injonctions dont nous parlons dans notre livre, évidemment non toujours spécifiques aux femmes HPI, je vois souvent les suivantes.
- Etre une vraie femme, c’est avoir une vie équilibrée et ne pas trop travailler
- Etre une vraie femme, c’est consommer de telle manière, être engagée, humble et avoir une mission de vie claire
- On manque tout de même quelque chose si l’on a pas de mari ni d’enfants (les précédentes ont une toxicité plus subtile, celle-ci date du moyen âge)
- Dans sa gestion de carrière, il faut penser à sa famille d’abord
- S’autoriser à réussir et à s’affirmer, ce serait faire comme les hommes
Aujourd’hui, de nombreuses injonctions patriarcales sont diffusées par des femmes en faux-self, ou des hommes, sous les apparences du féminisme. Si l’on reste connecté à la tête, leurs constructions théoriques semblent parfois solides, indiscutables. Quand vous avez avancé dans l’écoute profonde du corps, de l’intuition, l’écoute systémique, l’écoute du champ, la non-congruence entre ce qui est dit et ce qui est modélisé apparaît comme une évidence.
Une manière de les repérer : ça vous attire, car cela rejoue l’amour conditionné. « Tu es une vraie féministe… si ».
Vous êtes une personne suffisante, vous n’êtes pas obligée de trouver UNE mission de vie pour que celle-ci ait un sens, vous n’avez pas à « servir » à quelque chose. Vous avez le droit de faire ce qui vous apporte de l’énergie, de l’évidence, de la beauté, du kiff, vous avez le droit de rayonner votre puissance.
Au niveau systémique seul ce rayonnement apporte directement aux personnes qui ont besoin de vous et non à des intermédiaires.
La révélation : quand on prend conscience de la véritable origine de ses difficultés
Et si au moins 70 % de votre manque d’affirmation, de vos doutes, de votre procrastination et de votre sentiment de décalage n’existaient pas ?
Ce sentiment d’illégitimité et d’imposture, cette difficulté à s’imposer, est souvent associé à la femme HPI en elle-même. Or elle ne gagne pas à « travailler sa confiance en elle » mais à laisser à l’autre son manque de confiance !
Il s’agit en partie d’un mécanisme de contre-transfert.
Le sentiment d’illégitimité vis-à-vis du N+1 homme, par exemple, c’est souvent qu’en tant que personne empathique, vous ressentez ce que ce N+1 déconnecté de ses émotions ne peut ressentir au niveau conscient. C’est son illégitimité que vous ressentez.
Vous avez l’impression de vous noyer dans la complexité et que vous n’êtes pas efficace au travail ? Vous ressentez l’incompétence du système. Souvent, vos difficultés n’ont rien à voir avec vous.
Vous avez le droit de laisser à l’entreprise son incompétence, à l’homme sa culpabilité, à votre milieu le poids de son passé, aux parents les injonctions qu’ils ont reçues, à votre pays son problème… et de partir, libre, légère, avec votre petite fille intérieure dans vos bras, pour explorer le futur aux nuances de douance bleu pastel.
Les ressources des femmes hauts potentielles
L’éducation différente qu’elles ont reçue a au moins un « bénéfice secondaire » : en moyenne, elles ont été moins découragées à développer leur intuition, leur écoute profonde, leur empathie, leur sensibilité qui se retrouvent alors à un niveau avancé tel que je vois rarement chez les hommes THPI (même bienveillants et ouverts). Ainsi, elles sont
vraiment armées pour être singulières et hors compétition dans ce qu’elles vont proposer sur le marché, même si elles n’en ont pas encore complètement conscience.

Quelles solutions pour réaliser vos rêves ?
Si je devais écrire une synthèse, avec mon ressenti actuel issu de mes expériences, la peur me semble être la source du manque de libération des femmes HPI.
Quand c’est la peur de manquer qui guide les décisions, la peur de mal faire, la peur de la réaction de l’autre, la peur de faire du mal, la décision sera exactement celle qui est attendue par tout un système qui arrive sur sa fin — un système qui joue sur les peurs et les obligations.
Quand c’est l’espoir, la pulsion de vie, la liberté et l’énergie positive qui guident vos décisions, vous allez vers vos rêves et aidez notamment d’autres femmes à réaliser leurs rêves.
Pour la femme surdouée, le meilleur moyen de rater sa vie professionnelle, c’est le sens du travail, de l’effort, et vouloir faire bien comme il faut, rigoureusement, avec la tête sur les épaules. C’est la vie sans la douance, la vie telle que les autres voudraient qu’elle soit.
Le meilleur moyen d’être efficace au travail, d’avoir une carrière stratégique, grande, belle, juste, élégante et évidente, est de s’autoriser à se connecter à la petite fille intérieure (sa douance) et à toute la puissance de l’imaginaire qu’elle contient.
Il y a là, en soi, une intelligence qui va permettre de faire apparaître des solutions là où cela semblait figé, insoluble, flou, perdu. L’intuition réussit sans comprendre pourquoi, elle le fait pour vous, et vous, vous êtes tranquille.
En synthèse, assumer son intuition, sa féminité, sa douance, constituent selon moi des clés pour élargir sa zone de perception, y voir plus clair, et donc trouver son processus de réussite.

Se déculpabiliser de ne pas réaliser ses rêves, pour aller bien plus loin que des rêves
En coaching, après avoir analysé les erreurs du passé (schémas relationnels négatifs répétitifs), vous comprenez parfois en quoi elles ont fait sens, en quoi elles devaient avoir lieu. Au moins, vous comprenez que vous avez fait avec les ressources et les capacités dont vous disposiez à l’époque.
Ce pardon va avoir un impact fondamental sur l’atteinte des objectifs professionnels à l’avenir, les vrais, ceux qui sont encore plus ambitieux et donc possibles.
Plutôt que de jouer le jeu du système défaillant qui vous entoure, en vous disant que vous devez encore plus travailler la communication, l’assertivité, parfois, vous admettez que les dés sont pipés et que dans ce système-là, vous êtes destinée à être perdante.
Dans de nombreuses situations, le point de départ de la transformation, c’est lorsque l’on se rend compte que l’on ne peut qu’échouer par rapport à ses objectifs, tout simplement à cause d’injustices arbitraires.
Et alors, on peut acter la défaite et sortir du jeu — le jeu psychique. Je dis souvent « lâchez prise et laissez-vous échouer » (métaphoriquement, s’échouer sur les rivages du vrai soi). Et alors c’est d’une puissance incroyable.
Plutôt que de se forcer à gagner au jeu d’échec (on dit si souvent aux femmes de se battre avec courage pour réussir…) tout en sachant que c’est impossible, vous pouvez vous lever de la chaise, et avoir un champ de vision qui ne se restreint plus au plateau, mais englobe l’ensemble.
Vous allez dans un espace symbolique où vous avez des droits, des autorisations, que vous n’avez jamais eus. Un espace où vous pouvez créer, construire. Et à ce moment-là, des décisions dans votre vie professionnelle qui semblaient non envisageables peuvent être mises en place dans la fluidité, la facilité, la tranquillité.
En d’autres termes, il va s’agir de ne pas résister à l’univers quand, via un plafond de verre, des injustices, il vous dit que vous n’avez rien à faire ici dans cet espace terne et étroit. Cet univers prévoit peut-être pour vous une vie en couleurs au-delà de tout ce que vous auriez imaginé.
En vous souhaitant de découvrir ce que c’est que de s’autoriser à exister enfin.
Ressources autour du sujet des femmes HPI
De multiples chapitres consacrés aux femmes HPI et atypiques dans Tous HPI ? Comprendre et libérer les potentiels, Nathalie Lourdel et Matthieu Lassagne, AFNOR Éditions, 2023
Pour approfondir des sujets liés, vous pouvez également explorer ces articles :
→ Le très haut potentiel intellectuel (THPI) — comprendre cette intensité particulière
→ Le haut potentiel intellectuel — la page de référence
→ La newsletter — pour être en lien et parler de la douance avec profondeur
Matthieu Lassagne, ingénieur / HEC , est coach PCC ICF, superviseur, formateur de coachs, conférencier. Co-auteur de Tous HPI ? Comprendre et libérer les potentiels (AFNOR Éditions, 2023). Depuis plus de dix ans, une spécialisation s’est naturellement installée : au-delà du HPI, les femmes HPI / THPI cadres et dirigeantes. Coaching individuel à Paris, place de l’Étoile, et en visio pour les francophones basés à l’international.
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Les commentaires datés d’avant mai 2026 ont été publiés sur la version précédente de ce site.
Transcendée par ce post ; mots pour mots vous décrivez ma vie. S’enclenche alors une réaction physique, viscérale et pleurs, puis psychique : « bon sang mais c’est bien sûr ».
LA FUSEE. ET accompagner de la petite fille joyeuse qui dévore la vie grâce à ses explorations (et de ses intérêts spécifiques et énergétiques) ; j’explore, je test, j’innove car je fonctionne en progression continu. La petite fille qui à peur me quitte, elle ne me correspond plus ; 8 années pour cela : tsspt, puis psychothérapie, puis détection HP + nouvel apprentissage. Asperger fort possible aussi.
C. Jung décrirai parfaitement ici une synchronicité entre votre post et ce moment où je veux courrir vers la fusée. Vous m’amenez le déclic par vos mots et compréhensions si exactes de nos situations externes et internes, et surtout « quantique » au sens de « sur tous les plans », aux commande de son propre tableau de bord.
Je reviendrai vers vous pour des scéances de perfectionnement et d’accompagnement, c’est évident ! Merci pour ce post CQFD
Merci pour ce magnifique article.
Merci, cet article vient à point nommé !… Prendre la fusée au lieu de rester dans la voiture qui tourne en rond…
Vos mots sont d’une telle puissance et d’une telle justesse. Je finis cet article avec les larmes aux yeux, mise à nue. Votre sensibilité est précieuse et vos écrits m’aident chaque fois à avancer dans l’accompagnement des nombreux HPI qui arrivent à moi, souvent des femmes. Et même si je connais bien le sujet, même si j’ai travaillé sur moi (longtemps et encore) et sur la connaissance du sujet, j’ai à nouveau eu des déclics en lisant cet article. Infinie gratitude.
Je suis en train de quitter une entreprise où j’ai tellement donné, dont carnet d’adresse, pour finalement me retrouver exactement dans la situation que vous décrivez. Fatiguée, épuisée, j’ai du mal avec la société (en général, pas liée à un pays car je ne suis pas en France). Bon dimanche.
Merci pour le partage de tant de justesse et profondeur !!
Bouleversée en lisant cet article… j’ai lu ma vie ! Bon, bon, comment je m’autorise aujourd’hui à être celle que je suis à l’intérieure depuis toujours ?